Montréal-Vaughan : Trois constats sur l’Impact

Publié par

Il y a des choses qui tombent à point. Trouver un billet de 20 $ sur le trottoir en se rendant au dépanneur. Sortir du métro au moment exact où notre autobus arrive. Avoir rendez-vous pour installer ses pneus d’hiver la veille de la première tempête. Jouer contre un petit poucet en coupe quand rien ne va depuis le début de la saison. Et donc, les hommes d’Hernan Losada ont conquis leur adversaire, se sont sentis pousser des ailes et sont repartis à la maison le sourire aux lèvres, tout comme les supporters. Les déboires étaient, l’espace d’un instant, oubliés. Et c’était exactement ce qu’il fallait en ce moment précis. Une victoire, des buts et trois constats.

1) Sean Rea a donné un bon spectacle
Évidemment, il faut prendre les prestations individuelles avec un grain de sel, puisque l’adversaire était un club amateur hors saison. Or, Sean Rea nous a offert un spectacle bien divertissant, principalement en première période. Aligné sur le flanc droit, le jeune produit de l’académie a mis en pratique les conseils que nous prodiguions dans cette même chronique il y a quelques jours : quand ça va mal, il faut jouer au ballon, avoir du plaisir et essayer des choses. Et c’est exactement ça que Rea a fait durant ce match. Il a tenté des choses : des débordements, des passes difficiles, des tirs de loin, des combinaisons en un temps. Pendant les quelques minutes qui ont précédé son but, on ne voyait pratiquement que lui sur le terrain. Il était remuant, décidé, concentré… mais décontracté. Le plaisir se lisait sur son visage et le produit de ses efforts était globalement probant. En espérant que les autres prennent exemple sur lui.

2) Ilias Iliadis a fait de belles choses
Évidemment, il faut prendre les prestations individuelles avec un grain de sel, puisque l’adversaire était un club amateur hors saison. Or, Ilias Iliadis a encore une fois démontré de belles choses lors de ce match. Aligné sur le flanc gauche, Iliadis a touché énormément de ballon et, s’il a pris quelques minutes avant de trouver ses repères, ce qui est compréhensible puisque ce n’est pas son poste de prédilection, le Canadien aux origines grecques a fluidifié le jeu montréalais à plus d’une reprise. Mais cette fois encore, il s’est particulièrement fait remarquer quand il a coupé dans l’axe pour aller jouer dans le trafic. Ce joueur a des qualités, espérons qu’il puisse continuer à les utiliser une fois Lappalainen de retour. Idéalement, dans l’axe, vous l’avez compris.

3) C’était compliqué pour Camacho
Évidemment, il faut prendre les prestations individuelles avec un grain de sel, puisque… ah, mais non, pas cette fois. Si on n’est pas capable de suivre un joueur de League1 Ontario alors qu’on joue d’ordinaire en Major League Soccer, c’est que ça va gravement mal. Depuis quelques matchs, Rudy Camacho semble ralenti. Une blessure peut-être? Quoi qu’il en soit, Camacho en a à plusieurs reprises eu plein les bras contre un club amateur hors-saison. Entre indécision, positionnement approximatif et lenteur de réaction, sans compter lenteur de déplacement, Camacho n’est pas à son niveau normal. Avec le départ de Miller et les prestations de Camacho et de Waterman qui laissent souvent à désirer, George Campbell et Robert Thorkelsson ont clairement un coup à jouer. La porte est ouverte (et très lente à se refermer). Et c’est tant mieux, car cette compétition pour les postes ne pourra que tirer le groupe de défenseurs vers le haut.

Pas nécessaire d’analyser la prestation montréalaise plus que cela, car l’adversaire était trop faible. Pas mauvais, mais faible, vu les circonstances. Disons que ça faisait un partenaire d’entraînement sérieux sans plus. Ce match devait servir, et a servi, à donner de la confiance à certains éléments (Ibrahim, Rea, Zouhir, Iliadis par exemple) et à mettre du Montréal dans les jambes des joueurs fraîchement arrivés, en plus d’insuffler un peu de positivisme dans une saison pour l’instant morose. Mission accomplie donc. En espérant que cela se transporte sur le terrain en MLS.

Et c’est ce qu’on pourra vérifier dès samedi, au stade Saputo, contre les taureaux.