Mi-figue, mi-raisin, mi-saison : le point sur 2022

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Le CF Montréal a déjà atteint le cap des 19 matchs joués cette saison, ce qui signifie que nous en somme plus ou moins à la mi-saison. Avec quelques échéances en vue, notamment une demi-finale de coupe à Toronto, il convient de faire le point sur l’état actuel des choses dans l’univers de l’Impact. Sur le terrain, du moins. Passage en revue de la prestation globale de l’effectif montréalais, ligne par ligne.

Les gardiens
Notre globale : 3/10
Sans surprise, la note de passage n’est pas atteinte, loin de là. Malheureusement, en ce qui concerne la gestion des gardiens de but, le club montréalais semble coincé dans un univers parallèle où le poste n’a aucune valeur et peut être occupé par n’importe qui. Malgré les prestations en deçà du niveau acceptable pour la Major League Soccer (voire la Première ligue de soccer du Québec) de son gardien, l’entraîneur persiste et signe : Sebastian Breza est titularisé ad nauseam, ad vomitam et ad profondcomam. On ne sait plus par quel bout saisir le sujet pour expliquer les errements du gardien titulaire, mais malgré tout, et surtout malgré un directeur technique ex-gardien de but de haut niveau, Breza reste en poste et répète les erreurs match après match. S’il y a un poste à améliorer en urgence, que ce soit avec les hommes en place actuellement ou par recrutement, c’est bien celui-là. Agissez, que diable!

Les défenseurs
Note globale : 6/10
Franchement, quand on a vu que Rudy Camacho reviendrait et que la défense serait donc intouchée par rapport à la saison précédente, on s’attendait à revoir le même niveau que celui atteint en 2021, ponctué de stabilité, de complémentarité et de solidité. Malheureusement, ce n’est que sporadiquement que les Montréalais ont montré leur visage de l’an dernier. Trop souvent, on a vu la défense faire un peu n’importe quoi, se marcher sur les pieds ou devenir subitement trop passive au mauvais moment. Heureusement, les brèches ouvertes l’ont été principalement en raison de ratés individuels, et l’aspect collectif a montré des signes de nette amélioration durant la séquence d’invincibilité prolongée de l’Impact. Il faut encore trouver les bons réglages pour que le moteur tourne rond et longtemps.

Les latéraux
Note globale : 6/10
Le gros point d’interrogation avant la saison résidait autour des latéraux, où il était évident qu’une nette amélioration était nécessaire pour aider Montréal à déployer le jeu envisagé par son entraîneur. Si à droite, la progression est évidente avec le remplacement du timide Zachary Brault-Guillard par l’entreprenant Alistair Johnston, sur le flanc gauche, on a encore droit à une expérimentation, moins heureuse cette fois que celle qui avait permis à Mathieu Choinière de trouver des minutes sous le maillot marqué du flocon. S’il a les attributs pour occuper le poste, Lassi Lappalainen tarde à prouver qu’il a le flair, la technique et la vision pour y connaître du succès. En fait, il a connu ses meilleures minutes comme latéral… à droite, lorsqu’on l’y a brièvement replacé en cours de match en Ligue des champions. Malheureusement pour lui, le couloir droit est celui d’Alistair Jonhston qui, s’il n’est pas parfait, démontre une nette progression dans le rôle de piston. Le jeune Canadien a saisi l’occasion à deux mains et devient de plus en plus un incontournable dans la construction montréalaise.

Les milieux
Note globale : 8/10
On peut difficilement se souvenir d’un match où les milieux de terrain ont failli à la tâche. Autant défensivement qu’offensivement, Wanyama et son compagnon, quel qu’il soit, ont trouvé le moyen d’apporter leur précieuse contribution dans toutes les facettes du jeu. Cette saison est celle de l’éclosion de l’énigmatique Ismaël Koné, dont on ne savait rien avant de le voir enfiler des buts en début de saison. L’ascension aussi subite que fulgurante du jeune Canadien, qui l’a menée jusqu’en sélection nationale, a toutefois atteint rapidement un plafond et son étoile a légèrement pâli au fil des matchs, jusqu’à une malencontreuse blessure. Montréal tient toutefois en lui un précieux élément : le 8 qu’il manquait dans l’équation pour arriver à la solution du problème. Pour les autres, qu’il s’agisse de Piette, Choinière, Hamdi ou Zouhir, personne n’a démérité, même si Hamdi a connu quelques difficultés à son retour au jeu. Toutefois, même si c’était parfois pénible, l’Égyptien n’a pas pour autant plombé l’entrejeu montréalais, signe que le système est bien assimilé et que sa mise en application est efficace.

Les attaquants
Note globale : 7/10
Une chose est certaine : quand on se pointe au stade pour voir Montréal jouer, on ne sait pas vraiment qui sera au cœur des feux d’artifice offensifs, à part peut-être Djordje Mihailovic, qui avait conclu publiquement en fin de saison dernière qu’il devrait tirer plus souvent. Chose promise, chose due : l’Américain trône au sommet des buteurs montréalais avec huit réalisations. Derrière lui, Romell Quioto a encore et toujours son mot à dire, bien évidemment, même s’il a été plus ou moins bon depuis le début de la saison. On aurait aimé voir notre Hondurien préféré plus incisif dans la surface, endroit où il s’installe un peu trop rarement à notre goût. Ou alors s’il n’occupe pas la surface, qu’il soit plus mobile aux abords de celle-ci pour faciliter l’incursion en zone dangereuse de ses coéquipiers. Mais on a tout de même pu noter une amélioration avant la pause internationale et on a franchement hâte de voir dans quelles dispositions il va revenir de son périple en sélection nationale. Autrement, Torres, en mode marche/arrêt, manque encore et toujours de constance, et si ses dribles nous rappellent parfois Nacho Piatti, la conclusion de ceux-ci a souvent tendance à raviver des souvenirs de Pa Amadou Gai. Dans l’ensemble, on a déjà vu mieux, mais Montréal marque des buts, beaucoup de buts. Et on n’a même pas vu Mason Toye sur la pelouse.

L’entraîneur
Note globale : 8/10
Le travail acharné paie, c’est évident. S’en tenir à ses principes, maintenir le cap malgré la critique et tenir dur comme fer à son système, ça rapporte. Sauf évidemment en ce qui concerne les gardiens. Là, on est nulle part, et attendre ne servira à rien. Globalement, l’Impact a assimilé au cours des deux dernières années les principes d’une philosophie qui a été maintenue dans le temps et on peut voir, notamment dans la solidité de l’exécution en milieu de terrain, que tout le monde est à la même page dans le cahier du foot de Wilfried Nancy. C’est ici que le travail intéressant va débuter, autant pour Nancy que pour Renard. Les bases sont acquises, les fondations sont en place, et désormais, il s’agira d’apporter quelques ajustements pour profiter au maximum des acquis. C’est bien, mais il ne faut pas négliger non plus la gestion des effectifs. Un petit peu plus de rotation serait souhaitable, et c’est là le seul bémol que l’on peut amener sur cette première moitié de saison du côté de l’entraîneur montréalais.

Ce qui ressort de ces 19 premiers matchs, dont 14 en MLS, c’est que Montréal est une bonne équipe, toutefois capable du pire. Oui, elle s’est plantée quelques fois, parfois magistralement, mais au final, elle se situe, statistiquement parlant, au niveau des bonnes équipes de sa ligue. Et elle gagne régulièrement en déplacement. Mais il subsiste un goût de trop peu. Ce qui fait rager, ce sont les errements défensifs et les 26 buts encaissés en championnat. Ceux-ci ne peuvent toutefois pas être tous attribués au jeu des défenseurs. Mais ça, vous le savez, je vous l’ai dit, même si vous l’aviez vu : une solution doit être envisagée du côté de l’homme qui joue avec les mains. Cependant, les responsables du mur (de flocons) défensif ne sont évidemment pas blancs comme neige. Heureusement, vous le savez, je vous l’ai dit et vous l’aviez vu : ils peuvent et savent faire mieux. Mais surtout, ils DOIVENT faire mieux. Les milieux font le boulot, l’équipe marque des buts, et donc, outre le gardien, la seule chose qui ne donne pas satisfaction en est une qui fonctionnait bien l’an dernier. Il faudra ramener les défenseurs centraux à leur niveau de 2021. Trois axes sont donc à améliorer pour la suite des choses : le gardien, le flanc gauche et la défense centrale. Les besoins sont clairs, les choses à faire sont évidentes. Allez, l’Impact.