Philadelphie-Montréal : Trois constats sur le CF Montréal

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Seconde édition du Classicloche en 2022 avec cette fois un résultat plus positif pour le CF Montréal. Si lors du premier match, la défense avait fait n’importe quoi, cette fois, le dispositif défensif montréalais était au point. Trop peut-être, car l’aspect offensif semblait avoir été complètement mis de côté. Le mur de flocons aurait été impénétrable, n’eût été Kamal Miller et son sèche-cheveux faisant fondre quelques étroits passages pour les Philadelphiens. Un bon point sur la route et trois constats.

1) Miller a besoin de vacances
Déjà un peu en dessous de son niveau habituel de 2021 depuis le début de la saison, le défenseur canadien en Pennsylvanie montrait quelques signes de fatigue, principalement mentale. Sur l’action menant au penalty, Miller semble avoir la tête ailleurs; non seulement son positionnement à des kilomètres de Camacho est étrange, vu la phase de jeu qui se déroule (Waterman balle au pied avec nulle part où aller), mais en plus, dès que Waterman perd le ballon, Miller est très lent à réagir et ultimement, c’est là qu’il perd la demi-seconde qui lui aurait permis de toucher au ballon proprement plutôt que de foncer directement dans Julian Carranza. Et ce n’était qu’un exemple (flagrant) parmi d’autres sur la pelouse de Philadelphie. Si offensivement, Miller contribuait plutôt bien, malgré les difficultés causées par un Lappalainen en apprentissage, défensivement, c’était parfois englué et lent. Et si on essayait Thorkelsson?

2) Montréal a bien défendu
Ironiquement, malgré les difficultés de Miller à gauche, les Montréalais se sont très bien débrouillés défensivement. Pour tout dire, on n’a pas vraiment vu Philadelphie. Le quatuor Camacho-Waterman-Wanyama-Koné a fait du très bon travail pour bloquer le milieu et agir en rempart. Aussi, Camacho couvrait énormément de terrain latéralement, ce qui permettait à Waterman et Miller d’aller au contact plus haut et sur les flancs. Dans l’ensemble, une belle performance pour étouffer l’équipe locale, limitée à quatre maigres tirs. Sebastian Breza n’aura jamais connu un match aussi tranquille, ce qui est toujours une bonne chose. Qu’entends-je? Ah, non, je me trompe. Plus personne ne parle de « la pire défense ».

3) Kamara et Quioto doivent jouer ensemble
La montée de Kei Kamara était la chose à faire pour dynamiser un secteur offensif en perte de vitesse. En perte de vitesse? Au ralenti depuis le début du match serait plus juste. L’animation offensive faisait défaut, tout comme le jeu de transition. Et quand Montréal trouvait des espaces, le même problème que celui qui avait affligé l’équipe contre Vancouver la semaine précédente était de retour : il n’y avait personne dans la boîte. En fait, soyons plus juste : Romell Quioto n’était pas là où il devait être. Ça nous ramène à une phrase écrite après le match contre Vancouver : « N’aurait-il pas été plus avisé de combiner Kamara et Quioto? » À Philadelphie, Johnston lance Quioto sur le flanc droit, celui-ci repère Kamara qui fait une course au premier poteau. Centre et but. Ibrahim, c’est bien, mais il manque un peu beaucoup d’ovic. Un buteur, un vrai, est dans l’effectif. Quioto, lui, est plus à l’aise quand il est plus près de la ligne de touche. Faites. S’il vous plaît.

Mention honorable à Ismaël Koné, le diamant brut, qui a connu un match plutôt discret, mais diablement efficace, récupérant notamment sept fois le ballon. Mais au-delà de sa sale besogne défensive, Koné a fait du bien, surtout en seconde mi-temps, pour distribuer des ballons permettant à son équipe de se sortir de la pression. On l’a plusieurs fois vu à l’aise, sans paniquer, manœuvrer pour renverser le jeu et mettre son équipe dans de meilleures dispositions. Un milieu de terrain qui fait respirer l’équipe, sans jouer en retrait, quand c’est plus compliqué, ça vaut de l’or.

Retour à la maison pour affronter un Atlanta United à la dérive. Ça sent le spectacle.