Montréal-Philadelphie : Trois constats sur le CF Montréal

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Cette chronique commence d’habitude par une introduction parfois drôle, parfois philosophique, qui amène généralement à la réflexion tout en illustrant le match. Pas cette fois. J’ai décidé de ne rien écrire. En fait, ce n’est pas vrai. J’ai décidé d’écrire quelque chose, à propos de la fois où, adolescent, je m’étais fait renverser sur le boulevard Henri-Bourassa à Montréal-Nord, puis je me suis rétracté. J’avais un plan, mais je me suis perdu et finalement, j’ai tout effacé et ce que j’avais fait n’a servi à rien. Finalement, j’ai écrit ceci à la place et le résultat est franchement mauvais. Et vous, vous lisez ceci et vous vous demandez pourquoi vous perdez votre temps avec cette introduction. Bienvenue à Montréal-Philadelphie. Un gros n’importe quoi et trois constats.

1) C’était le festival du n’importe quoi en défense
Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu Montréal défendre aussi mal. En fait, ça rappelait la saison 2020. Et celles d’avant. Le trio défensif était fébrile et la communication ne semblait pas du tout au point tout au long du match. Est-ce dû à l’intégration d’un nouvel élément (Johnston) dans la machine? Pas nécessairement. Sur les deux buts, Rudy Camacho est à la ramasse et prend des décisions questionnables, voire incompréhensible sur le premier lorsqu’il refile le ballon à Lappalainen (mais pourquoi?). Bref, le patron de la défense n’était pas dans son assiette et tout le spaghetti s’est ramassé par terre. Cela dit, Camacho est loin d’être le seul fautif sur le second but des visiteurs. Tout part d’un Torres paresseux qui fait le pressing sans le faire vraiment, ce qui force Choinière à venir défendre très haut sans vraiment défendre et donc laisser un adversaire dans son dos, ce qui à son tour force Johnston à se déplacer vers le flanc, puis Camacho à aller couvrir Gazdag sans vraiment le couvrir jusqu’au bout, puis Miller à quitter sa position pour suivre le long ballon à Carranza. L’effet domino de la désorganisation défensive a été parfaitement exploité par Philadelphie. Franchement, c’était nul. Quand tu passes la majorité du match au bord de la catastrophe défensive, il faut bien que ça craque un moment donné.

2) Offensivement, c’était le néant
Là aussi, on pourrait dire que l’ajout d’un nouveau visage pourrait avoir pesé dans la balance. Mais la présence de Kamara n’explique pas du tout l’absence totale de jeu pertinent sur les flancs, que ce soit du côté de Lappalainen (malgré son but chanceux) ou du côté de Choinière. Il ne se passait rien. Et ailleurs, ce n’était pas beaucoup plus probant. Hormis quelques flashs sporadiques, ni Torres ni Mihailovic ne semblaient intéressés à toucher au ballon ou à faire quoi que ce soit de probant avec. Même lorsqu’on a muté Torres à gauche pour venir donner un coup de main à Lappalainen, c’était peine perdue. En fait, il a fallu attendre que Philadelphie soit réduit à dix pour finalement voir Montréal s’installer un minimum dans la moitié de terrain adverse. Mais Jim Curtin a bien entendu flairé la bonne affaire et a demandé à ses joueurs de former un bloc compact au milieu du terrain et de laisser les flancs aux Montréalais. Et franchement, dès qu’il a fait les signaux à ses joueurs, on avait deviné l’issue du match. Trop facile.

3) Mihailovic, c’est trop peu
Les habitués de cette chronique le savent déjà : selon moi, Mihailovic a tendance à disparaître dans les moments où il doit transporter son équipe sur ses épaules. Alors, quel bonheur ce fut de le voir gagner un ballon dans le rond central, puis filer en ligne droite dans la défense unionaise comme une perceuse traverse un panneau de gypse avant de fusiller Andre Blake pour pratiquement tuer le match. Bon, on savait qu’il y avait faute au départ de l’action et que le but serait annulé, mais c’est ÇA, monsieur Djordje, qu’on veut voir de vous, cher ami. Malheureusement, alors qu’on s’attendait ensuite à voir le jeune milieu américain profiter des espaces et du temps qu’il aurait balle au pied une fois son équipe à 11 contre 10, Mihailovic n’a pratiquement pas touché au ballon. Jim Curtin, son bloc, les flancs, vous voyez? C’est devenu difficile et Mihailovic a disparu. Encore. Pas sûr que Marco Di Vaio, présent en tribune, retiendra le but annulé plus que la disparition soudaine de la cible potentielle de Bologne.

Globalement, c’était un match pauvre, faible sur le plan du spectacle et disputé dans une ambiance de bingo du samedi après-midi. Montréal a raté son entrée, et si ce n’est pas inquiétant outre mesure (on pourra toujours blâmer la Ligue des champions au besoin), il ne faut toutefois pas fermer les yeux sur la possibilité d’un départ complètement manqué pour la troupe de Wilfried Nancy. Le calendrier annonce un duel aller-retour difficile contre Cruz Azul, le tout ponctué de déplacements à New York City (champion en titre) et Atlanta. La perspective d’un 0 sur 12 pour démarrer la campagne est très réelle, tout comme une éventuelle élimination en Ligue des champions. Deux semaines sous haute pression.

Direction le Mexique et la croix bleue, mais sans aucune assurance d’en revenir en santé.