Nashville-Montréal : Trois constats sur le CF Montréal

Publié par

Nashville refait le coup à Montréal en effaçant son retard pour arracher un match nul. Un match qui, s’il était plus positif que le précédent contre DC United, démontre encore fois les carences de la troupe montréalaise. Pourtant tout n’est pas noir dans le camp de l’équipe marquée du flocon, qui affiche des améliorations dans certains aspects du jeu et peut compter sur quelques performances individuelles remarquables. Un point, trois constats.

1) L’équipe s’est nettement améliorée dans la relance courte
S’il y a bien un aspect du jeu qui ne faisait pas l’unanimité chez les supporters en 2020, c’est bien la relance courte, soit la relance au pied du gardien à un défenseur situé à proximité dans l’objectif de construire le jeu à partir de l’arrière. Autant contre DC United qu’à Nashville, on a pu voir les Montréalais maîtriser presque parfaitement la relance courte, faisant fi de la pression amenée par l’adversaire et faisant bouger les joueurs adverses comme si de rien n’était pour trouver les espaces et se sortir du pétrin. Malheureusement, une fois le ballon amené au milieu du terrain, cette aisance à le faire circuler et à déplacer l’adversaire pour s’ouvrir des portes disparaissait presque complètement.

2) Camacho amène ses arguments pour un trophée individuel
Plus ça va, plus il est évident que Rudy Camacho est le patron de la défense montréalaise. Par contre, loin de se satisfaire de ses excellentes performances, le défenseur français semble vouloir relever la barre de match en match. À Nashville, Camacho était bouillant, et on l’a vu à maintes reprises faire le jeu parfait ou encore bloquer des tirs quand ses coéquipiers faisaient un peu n’importe quoi. Camacho était partout, tout le temps et mérite une autre étoile dans son cahier. Ça commence à en faire beaucoup, suffisamment peut-être pour attirer l’attention en vue du titre de défenseur de l’année en MLS.

3) Le but égalisateur n’est pas uniquement de la faute de Quioto
Certes, l’attaquant hondurien est à la perte de balle qui mène au but, mais il suffit de décortiquer l’action pour voir que le pauvre était dans de beaux draps. Tout part de Samuel Piette, qui intercepte une passe dans la surface. Le milieu défensif ne prend toutefois pas le temps d’évaluer ses options : au lieu de lever la tête et de regarder à sa droite où deux coéquipiers sont présents et peuvent assurer un surnombre sur le flanc droit, il envoie directement le ballon à Quioto, seul à gauche, qui plus est avec deux adversaires derrière lui, qui ont vite fait de lui sauter sur le dos. Ensuite, autant Piette que Bayiha et Mihailovic semblent vouloir se projeter vers l’avant tandis que Quioto, lui, doit revenir vers son but en tentant de protéger le ballon. Personne, mais absolument personne, ne se rend disponible pour l’aider à se débarrasser du ballon. On réagit lorsqu’il est trop tard et que l’inévitable se produit : Quioto perd le ballon, Nashville est en surnombre, gracieuseté du mauvais positionnement de Mihailovic. D’accord, ensuite, Quioto (comme Mihailovic) ne fait pas l’effort de revenir défendre et empêcher le centre, mais au second poteau, deux joueurs de Nashville sont complètement seuls. Bref, la responsabilité est de toute évidence partagée entre bon nombre de joueurs montréalais. Mauvais choix, manque de réflexion, comportement passif plutôt qu’actif et oubli de ses responsabilités; la liste des péchés et des coupables est longue.

En fait, l’erreur vient du fait de ne pas avoir reconnu le moment. Il fallait avant tout protéger la possession, gagner du temps et on a plutôt pensé à aller attaquer. Et ça, c’était un problème récurrent pendant tout le match : cette équipe a une difficulté accrue à reconnaître les divers moments du match. Quand accélérer pour déséquilibrer l’adversaire, quand jouer de manière plus directe vers l’avant, quand temporiser… Chose certaine, il est impossible de jouer toujours de la même manière en tout temps. Il va falloir éventuellement apprendre à varier le jeu.

Bref, autre occasion manquée pour les Montréalais. Mais pas tous. James Pantemis, malgré quelques erreurs dans son jeu au pied, a encore une fois démontré qu’il avait le talent nécessaire pour passer à la prochaine étape de sa carrière : devenir le gardien numéro un du CF Montréal. L’absence indéfinie de Clément Diop pourrait être l’occasion pour Pantemis de s’installer plus durablement dans les plans des entraîneurs et du club. Et pour le moment, le gardien québécois l’a saisie à deux mains.

Suite des débats samedi prochain à « domicile », au New Jersey, contre… Miami. Ironique.

D’ici là, n’hésitez pas comme d’habitude à m’envoyer vos questions via les réseaux sociaux.