Cincinnati-Montréal : Trois constats sur l’Impact

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Après une très solide prestation au New Jersey, les hommes de Rémi Garde ont trébuché à Cincinnati après avoir pris une éternité à mettre le moteur en marche. Une série de deux matchs typiquement IMFC, qui surprend contre un adversaire difficile puis déçoit contre un adversaire prenable. Trois sur six et trois constats.

1) Encore un début de match raté
Ça commence à faire beaucoup. À Cincinnati, l’Impact est encore une fois arrivé sur le terrain à plat. Même s’il avait toutes les raisons d’amorcer ce match en lion, porté par son excellent match joué quelques jours plus tôt au New Jersey et en raison des difficultés récentes de son hôte, le bleu-blanc-noir a commencé son match en spectateur, voire en victime consentante, se permettant d’admirer les prouesses de l’adversaire devant la cage de Bush pour marquer un premier but depuis mille ans. L’Impact dort trop souvent quand le match commence, et cela le place en difficulté bien inutilement.

2) Le schéma n’était pas le bon
En optant pour un 3-5-2, et en substituant Jackson-Hamel pour Azira comparativement à la composition présentée au New Jersey, Rémi Garde s’est tiré dans le pied. Essentiellement, dans le 3-4-3 utilisé face aux Red Bulls, l’animation offensive reposait en grande partie sur le jeu d’Omar Browne, qui s’emparait du ballon et permettait bien souvent au bloc de monter. Or, en plaçant Browne plus haut sur le terrain, il n’y avait plus personne derrière pour s’occuper de faire monter le bloc. Ainsi, on est vite revenu au bon vieux « passe-moi la balle et je te la redonne » sur les flancs, avec un vide sidéral dans l’axe à 30 m du but. La situation s’est améliorée quand Azira a été remplacé par Okwonkwo, mais le mal était fait : l’Impact avait été inapte offensivement pendant les deux tiers du match. Trop court.

3) On cherche des excuses, mais c’est d’un miroir dont on a besoin
Le terrain, l’arbitrage, le calendrier, alouette! D’accord, les circonstances étaient difficiles pour l’Impact, qui avait joué trois jours avant au New Jersey et qui devait se remettre au travail tôt samedi, sur un terrain plutôt capricieux. Mais malgré tout, l’adversaire était largement prenable. On l’a vu en seconde période et à plus forte raison dans la dernière demi-heure de jeu. Rémi Garde a beau rouspéter et se plaindre, il reste que s’il avait joué ses cartes correctement, Cincinnati n’aurait probablement pas quitté la table avec tout l’argent. L’Impact aurait pu et dû faire mieux, or son entraîneur manquait de doigts pour pointer en direction de tous ces éléments extérieurs qui expliquaient selon lui la défaite des siens. Triste spectacle.

Au final, l’Impact rentre à la maison avec dans ses bagages trois points sur six. Si la manière de les obtenir n’est pas celle qui était attendue, il reste que si on avait proposé à l’Impact un trois sur six avant de partir, il aurait signé au bas du contrat sans hésiter. Ce match à Cincinnati laisse un goût de trop peu, car il y avait amplement la place pour faire carton plein, mais tout va bien, puisque comme il semble que ce ne soit absolument pas de la faute de l’Impact, mais celle du terrain (heureusement changé à la mi-temps), des arbitres et de la ligue, l’équipe ne devrait pas être affectée outre mesure par cette déroute en Ohio.

Cap sur le stade Saputo pour y accueillir New England. On verra si le complot anti-Impact se poursuit ou si le bleu-blanc-noir se décide à assumer ses responsabilités. Comme le veut le dicton : « Si tu veux jouer à cinq défenseurs, arrange-toi pour ne pas paqueter ton milieu avec des joueurs défensifs. »

Ok, j’ai inventé le dicton. Mais c’est déjà mieux que de s’inventer des excuses.