Minnesota-Montréal : Trois constats sur l’Impact

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On pourrait facilement classer cette défaite subie par l’Impact de Montréal au Minnesota dans la catégorie « juste une autre défaite sur la route » et vite passer à autre chose. Toutefois, ce serait une erreur; elle illustre clairement les problèmes vécus par l’équipe cette saison et offre des pistes de solutions. Si Rémi le veut bien. Trois constats, c’est parti.

1) L’Impact ne sait pas jouer sous pression
Si on ferme les yeux sur la maladresse parfois clownesque des joueurs en finition, ça allait plutôt bien pour l’Impact durant la première mi-temps. Le jeu en possession était plus rapide, plus axé vers l’avant, plus entreprenant. Même Piette faisait des passes vers l’avant. Visiblement, c’était la consigne. On avance, rapidement. Du jeu vertical bien positif donc, celui qui a manqué gravement contre le Galaxy. Or, ça marchait bien surtout parce que Minnesota laissait l’Impact jouer. Dès le retour de la mi-temps, il a suffi de 15 minutes de pressing haut à quatre et même cinq joueurs pour semer la pagaille chez les hommes de Garde et plier le match. La prise de décision rapide sous pression et le jeu dans des espaces restreints font défaut. C’est trop facile de jouer contre une équipe qui, comme l’Impact, trouve constamment le moyen de se pendre avec le moindre bout de corde.

2) L’Impact est trop fragile mentalement
« On sait qu’un but peut nous tuer et nous faire perdre le match. » Ce sont là les paroles de Samuel Piette après le match. Et elles illustrent parfaitement ce qui s’est produit sur le terrain au Minnesota. L’Impact se créait beaucoup d’occasions, faisait un bon match, a encaissé, puis a disparu. L’arrivée du second but quelques minutes après le premier a scellé l’issue du match. On l’a vu dans le non verbal des joueurs sur le terrain : personne n’y croyait. Personne. Dans un tel contexte, c’est tout simplement impossible de gagner. Si on a abondamment parlé durant l’hiver de la préparation physique et des méthodes de Robert Duverne, il serait peut-être temps de se pencher sur l’importance accordée à la préparation mentale du groupe. On semble être dans le néant sur ce point. Presque autant qu’au chapitre du leadership sur le terrain.

3) Rémi en a marre
Celui qui, normalement, devrait relativiser et verser une grosse tasse de pépites de chocolat dans le mélange à gâteau gris-beige sans gluten qu’est devenu l’Impact de Montréal, c’est Rémi Garde. Toutefois, l’entraîneur-chef semble en avoir marre. Son impatience se mesure depuis le début de la saison. Les messages sont nombreux. L’ex-Lyonnais, bien qu’il prétende croire en son groupe, n’en est absolument pas satisfait. Après le match au Minnesota, Garde parlait de « manque d’adresse, manque de talent, manque de volonté » pour expliquer pourquoi son équipe avait échoué. Bref, c’est insuffisant. Garde le répète, mais rien ne change. Faut-il voir là l’incapacité de Garde à tirer le meilleur de ses joueurs ou l’incapacité de ses joueurs à élever leur niveau? L’effectif est mince, trop mince, plus mince qu’en 2017, même. Reste que Garde cultive une lourdeur qui n’aidera pas du tout l’Impact à s’en sortir. Ceci étant dit, si Garde a fait ses devoirs, il sait qu’à l’Impact de Montréal, on recrute selon l’humeur du moment. Finale de conférence? Pas besoin de renforts. On rate les séries? On change la moitié de l’équipe. Pour connaître une bonne saison en 2019, il faudra bien recruter en juillet 2018. Ainsi, peut-être vaut-il mieux exposer les faiblesses de l’effectif maintenant et tout au long du mois de juin 2018.

Oui, ça va mal. Mais c’est un mal pour un bien. Tant que l’entraîneur reste en place, évidemment. Il faut espérer que les problèmes actuels de recrutement ne s’expliquent pas par un blocus qui empêche Garde d’agir en toute liberté. S’il fallait que Garde démissionne (ou soit renvoyé) cet été, cela pourrait ouvrir la porte à plusieurs saisons de misère pour l’Impact de Montréal. Le club, qui ne jouit déjà pas d’une réputation quatre étoiles aux États-Unis, verrait aussi son attrait diminuer sur le continent européen. Et la grogne qui commence à se développer à Bologne ne ferait qu’ajouter à la problématique. L’Impact de Montréal pourrait rapidement devenir une destination à éviter.

Retour à la maison (la supposée « forteresse ») samedi prochain, contre Houston.