Montréal-New England : trois constats sur l’Impact

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Qu’elle fait du bien à l’Impact de Montréal, cette victoire. Le Líder Técnico a encore frappé. Ceux qui devaient saisir leur occasion l’ont saisie. Ceux qui devaient se lever se sont levés. Ceux qui devaient monter l’intensité d’un cran l’ont montée. Et puis, il y avait aussi Chris Duvall. Et les phases arrêtées. Rien n’est parfait, naturellement. Retour sur le match en trois constats.

1) Un entraîneur qui s’ajuste, ça fait du bien
Si les supporters de l’Impact ont longtemps été habitués à des entraîneurs qui s’en tenaient à leurs principes et à leurs idées de la première à la dernière minute, ils ont désormais l’occasion de savourer les subtilités d’un entraîneur qui s’ajuste en cours de match. Deux exemples sont particulièrement frappants. Dès le coup d’envoi, Lovitz et Duvall sont allés se positionner très haut sur le terrain quand leurs défenseurs centraux ou Bush avaient le ballon. Conjugué au pressing haut des Revs, ça ne fonctionnait pas du tout. Garde s’est donc empressé de ramener ses latéraux plus bas; après cinq minutes, on ne le voyait plus partir aux champignons sans raison valable. L’Impact pouvait ainsi plus facilement construire à partir de l’arrière. Ensuite est arrivé le gros changement qui a fait pencher la balance du côté bleu-blanc-noir. Certains diront que la blessure d’Agudelo a bien servi l’Impact, mais c’est environ au même moment que Garde a décidé de densifier le milieu de terrain, territoire appartenant jusque-là aux visiteurs. Edwards et Piatti ont donc commencé à se positionner plus bas, mais c’est surtout après la mi-temps que les changements ont changé la donne. Edwards et Piatti (très délinquant dans le placement défensif en première mi-temps) se plaçaient non seulement plus bas, mais aussi plus vers l’axe. Cela a notamment permis d’enlever de la pression sur Piette, soudainement beaucoup plus à l’aise dans les duels, mais aussi sur Silva et Taïder, qui devaient couvrir beaucoup trop de terrain.

2) L’Impact ne peut pas continuer à défendre comme ça sur les phases arrêtées
À moins d’avoir vécu dans une grotte au Sri Lanka au cours des huit dernières années, vous savez que l’Impact a bien des difficultés à défendre sur les phases arrêtées. Mais samedi, il a carrément atteint le point où on ne peut malheureusement plus parler de « défendre ». Le premier but des Revs, marqué de la tête par Wilfried Zahibo, représentait le summum de l’incompétence montréalaise sur phase arrêtée. Si habituellement, un joueur laisse filer bêtement un adversaire par manque de combativité, cette fois, personne ne marquait Zahibo. Personne. Lovitz aurait dû s’en occuper, mais il semblait plus inquiété par la présence d’Anibaba à 20 m du but et par Bye, déjà marqué par Cabrera, que par Zahibo devant lui au point de penalty. Bref, Zahibo ne figurait même pas sur son radar. Dans votre ligue mixte du dimanche, ça passe déjà mal, alors à ce niveau, c’est juste incompréhensible. Fais quelque chose, Rémi.

3) Duvall aurait pu tout foutre en l’air
Si la prestation globale de l’Impact était fort encourageante dans l’ensemble, il y en a pourtant un qui était aux fraises tout l’après-midi. Chris Duvall était tout simplement incapable de faire quoi que ce soit contre Cristian Penilla. L’Équatorien a martyrisé le pauvre Duvall pendant tout le match, le latéral droit étant dans l’impossibilité de défendre adéquatement ou même de suivre le rythme de son adversaire. Son intervention fautive sur Penilla à la 11e minute aurait bien pu (dû?) lui valoir un carton jaune, mais c’est surtout celle à la 38e minute qui aurait pu faire basculer le match du mauvais côté. Après s’être fait passer un petit pont, Duvall a carrément cisaillé Penilla, par derrière. Une intervention qui lui a valu un carton jaune, Monsieur Toledo se montrant, à mon avis, fort clément. Si on se rapporte au match à New England, Silva avait fait 100 fois mieux contre ce même Penilla, alors que l’Impact jouait à dix.

Au final, ce match aura apporté une bonne bouffée d’air frais dans le camp montréalais. Certains ont retrouvé une confiance un peu ébranlée au cours des dernières semaines. D’autres sont parvenus à se tailler une place dans les cartes de l’entraîneur. Un autre a probablement perdu la sienne. Regain d’énergie avant un match difficile à Chicago, suivi d’un match à gagner samedi, à la maison, face à Philadelphie.