2017, une année mouvementée pour les joueurs du Québec

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Dans le passé, quand on parlait des footballeurs et des footballeuses du Québec qui évoluaient à l’étranger, le bilan de l’année était plutôt court. On y retrouvait toujours les cinq ou six mêmes noms, dans les cinq ou six mêmes clubs. En 2017, ce fut complètement différent. L’année qui vient de se terminer en est une qui fut bien occupée, autant du côté masculin que féminin. Voici un retour sur les 12 derniers mois.

1. Les vétérans ont eu une année difficile
Dans le passé, André Hainault et Olivier Occéan étaient deux des meilleurs ambassadeurs du foot québécois. Cette année, ce ne fut pas le cas. Hainault a connu 12 mois qu’il voudra oublier. Les blessures l’ont empêché de jouer tout au long de 2017. Il a eu avec son club de Magdebourg une seule apparition sur le terrain, lors d’un match de coupe régionale et n’a pas fait plus de cinq apparitions sur le banc.

Du côté d’Occéan, les matchs étaient là, mais lui aussi a eu des pépins physiques qui l’ont empêché de s’exprimer complètement. Son bilan pour la saison est de seulement deux buts en 24 matchs. Après deux saisons de 15 et 10 buts, c’est une grosse baisse de régime. À 36 ans, il ne lui reste plus beaucoup d’années à jouer, souhaitons-lui de pouvoir quitter sur une meilleure note.

2. Un renouveau du côté féminin
Après les retraites de Marie-Ève Nault, Rhian Wilkinson et Josée Bélanger, le football féminin québécois a changé du tout au tout. Une nouvelle génération de joueuses a dû faire sa place. Sauf qu’avec la disparition de la W League, la tâche était ardue. C’est du côté de la France que nos femmes se sont tournées. Émilie Girard et Gabrielle Lambert y sont allées dès l’automne 2016, puis elles ont été rejointes à l’automne 2017 par quatre autres joueuses. On peut espérer que d’autres Québécoises y tenteront leur chance au cours des prochaines années.

3. Une académie qui exporte ses produits
Fin 2016, l’Impact de Montréal a mis la clé dans la porte du FC Montréal, abandonnant ainsi une quinzaine de joueurs d’ici. Beaucoup d’entre eux ont tout de même profité de cette tuile pour rebondir ailleurs, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord. Tous n’ont pas connu le même succès, Mélé Temguia et Marco Dominguez ont peu joué à Cincinnati, pareil pour David Paulmin et Aron Mkungilwa à Ottawa. Par contre Alessandro Riggi, Masta Kacher, Jems Geffrard, Jérémy Gagnon Laparé et Serge Dinkota ont tous réussi à se démarquer dans leurs clubs respectifs. Comme quoi, même si ce n’est pas avec l’Impact, il y a moyen de se faire une place dans le monde du football pour les jeunes d’ici.

4. Des champions aux destins opposés
C’est toujours un grand moment dans une carrière que de gagner un championnat. C’en fut un pour la Québécoise Amelia Pietrangelo. Pour la saison 2016-2017, elle et son club de FC Neunkirch ont remporté le championnat de 1re division ainsi que la Coupe de Suisse. Résultat, elle est maintenant en Allemagne en Bundesliga 1 et a été rappelée en équipe nationale. Même si le début de saison avec son nouveau club, USV Jena, est difficile, on peut dire que 2017 a été une bonne année.

Pour les deux autres champions de 2017, ce fut plus difficile. Karl Ouimette et Maxim Tissot ont beau avoir réussi à remporter le championnat de la saison 2017 de la NASL, ils se retrouvent aujourd’hui sans clubs. Dès le mois de juillet, il était déjà acquis que les San Francisco Deltas, dirigés par Marc Dos Santos, disparaîtraient à la fin de l’année. Cela n’a pas empêché les jours du club de se relever les manches et de finir la saison en battant le Cosmos de New York en finale.

5. Partir pour mieux revenir
Il était en Europe depuis l’adolescence. Après des séjours en France, en Allemagne et Espagne, Samuel Piette est rentré au bercail en 2017. Son parcours a de quoi inspirer les plus jeunes. Il montre qu’il y a plus qu’un chemin pour faire carrière dans le monde du ballon rond. Il montre que même en évoluant dans un championnat de niveau inférieur, tu peux rêver à mieux. Il suffit d’avoir sa chance de se faire valoir, ce qu’il a fait lors de la dernière Gold Cup. Comme quoi s’investir dans le succès de sa sélection nationale, ça peut être payant, même quand c’est celle d’une petite nation de foot comme le Canada.

Somme toute, 2017 fut une bonne année pour les joueurs et les joueuses d’ici qui tentent leur chance à l’étranger. Même si les vétérans ont connu une période plus difficile, on a vu un nécessaire renouvellement de la base de joueurs. Tous ces expatriés ne réussiront peut-être pas à faire carrière à long terme, mais il reste que d’en voir autant tenter leur chance est rafraîchissant. Du côté masculin, on ne peut qu’espérer que tout ça ne soit pas qu’une bulle créée par la disparition du FC Montréal et que la tendance se maintiendra. Du côté féminin, il faut espérer que les bonnes performances de nos joueurs ouvriront des portes à d’autres, et qu’elles pourront attirer l’attention de John Herdman et de l’équipe nationale.

Sur ce bonne année 2018, en espérant vous retrouver régulièrement sur Viau Park.